Malgré des avancées, l’essor de ces alliances américano-européennes dans l’hébergement en ligne de données et de logiciels à l’usage des professionnels suscite des critiques.

Un géant américain du numérique et un fleuron français des activités de défense. Google et Thales ont des profils très différents, mais annoncent ensemble, jeudi 30 juin, des avancées dans leur « partenariat stratégique » dans le cloud, c’est-à-dire l’hébergement en ligne de données et de logiciels à l’usage des professionnels : une nouvelle société, baptisée « S3ns », est créée. Elle est contrôlée par Thales, Google détenant moins de 10 % du capital. La structure a déjà plusieurs dizaines de salariés et recrute pour en atteindre une centaine.

« Le but est d’avoir le meilleur des deux mondes : offrir la puissance et la richesse de la plate-forme de Google, tout en répondant aux attentes sur la souveraineté, grâce au respect des normes très exigeantes du cloud de confiance, en matière technique et juridique », argumente Marc Darmon, directeur général adjoint chargé des systèmes d’information sécurisés chez Thales.

Annoncé en octobre 2021, le partenariat avec Google est une réponse directe à la doctrine « cloud de confiance » énoncée par le gouvernement en mai 2021 : celle-ci exige des structures publiques – administrations, collectivités, etc. – l’hébergement des données par des sociétés de droit français, « immunisées » contre les lois extraterritoriales américaines pouvant permettre un accès à des informations par les autorités des Etats-Unis. Mais l’exécutif d’Emmanuel Macron a aussi autorisé l’usage par ces sociétés de logiciels des leaders américains Amazon, Microsoft et Google. Cela a ouvert la voie à plusieurs offres « hybrides ».